Il est Lui - Chapitre 7
Plusieurs jours passèrent sans que Jérémy ne reparle de Frédéric à Arnaud. Mais celui-ci n’était pas dupe, son ami se refermait sur lui-même, ne riait plus et parlait le moins possible.
De plus en plus inquiet, Arnaud lui proposa de venir quelques temps dormir chez lui pour qu’il ne soit pas seul. Celui-ci refusa, prétextant que ce serait Evy qui se retrouverait seule. Mais devant l’insistance d’Arnaud, il finit par accepter.
Ils rentrèrent donc tout deux chez Jérémy après leur service au Junky box. Et ce dernier alla directement au lit. Il fut vite rejoint par Arnaud, lequel n’avait aucunement l’intention de dormir sur le canapé.
- Jerry ? appela t’il dans le noir.
- Moui ?
- Tu voulais m’laisser périr sur ton vieux canapé n’est-ce pas ?
Jérémy émergea sa tête des coussins pour le regarder.
- Non en réalité, j’avais peur que tu croies que je voulais faire de toi ma prochaine conquête sexuelle.
- Humpf c’est bien la dernière des idées qui me seraient passées par la tête tu l’sais bien !
Peut-être de ton point de vue, mais du mien… moins, pensa Jérémy. Ils avaient déjà dormi ensemble à plusieurs reprises sans qu’il n’ait eut d’arrière-pensées. Mais cette fois-ci c’était différent. Il avait envie que quelqu’un qui l’aime le prenne pour oublier Frédéric. Et cette personne se trouvait être Arnaud. Le seul qui avait toujours été là pour lui.
- Alors dors avec moi si ça n’t’effraie pas !
Arnaud le regarda bizarrement, Jérémy ne lui avait jamais rien dit de tel quand ils avaient précédemment dormi dans le même lit.
- Ca devrait ?
- Je n’sais pas… dit Jérémy en renfonçant sa tête dans les oreillers.
Arnaud n’hésita pas plus, bien que trouvant son comportement étrange. Il se glissa sous le duvet à ses côtés et Jérémy se retourna pour lui faire face.
- S’il te plaît… murmura t’il dans un souffle, lui prenant la main pour la poser sur sa hanche.
Son meilleur ami comprit qu’il voulait qu’il le prenne dans ses bras, il resserra ses bras autour de lui et se colla contre Jérémy, n’écoutant que la peine qu’il avait de le voir souffrir. Cependant il le repoussa immédiatement. Jérémy bandait.
- Qu’est-ce que…
Jérémy se recroquevilla sur lui-même, tentant de ne pas pleurer. Et Arnaud s’en voulut et le reprit dans ses bras sans hésiter, ce qui déclencha les pleurs de Jérémy.
- Excuse-moi Jerry, ne pleure pas je t’en prie…
- Non je… pardon… j’ai…aimerai tellment l’oubliier. J’ai pas réfléchi, dit-il en serrant très fort Arnaud, ne m’en veux pas.
- Je n’t’en veux pas, je n’t’en veux pas, répeta Arnaud en lui caressant les cheveux dans un geste apaisant.
Jérémy finit par cesser de pleurer pour tomber dans le sommeil, entouré par les bras d’Arnaud.
Celui-ci n’arrivait pas à faire de même, il était en proie à ses inquiétudes concernant son ami le plus cher. Pour qu’il en arrive à vouloir coucher avec lui, il devait vraiment avoir touché le fond. Il n’en espérait qu’une chose, c’est qu’il puisse y donner un bon coup de pied pour en remonter.
Toujours éveillé, Arnaud vit Jérémy commencer à s’agiter en marmonnant des « Frédéric Frédéric » suppliant. N’en pouvant plus de le voir ainsi, il le secoua puis lui fit des bisous un peu partout sur son visage.
- Fred ? réclama Jérémy en ouvrant les yeux.
- Désolé ce n’est que moi.
Jérémy ne répondit rien et s’agrippa au cou d’Arnaud, désespéré.
- Arnauuud, gémit-il avec souffrance, j’en peux plus ! Tu t’rends pas compte comme c’est dur sans lui ! Il est la personne que j’aime plus que n’importe qui, plus que tout !! J’peux pas vivre sans lui ! J’ai l’impression que je m’en remettrai jamais, je ne m’en remettrai jamais !! Bordel Arnaud tue-moi !
Ce dernier lui caressait le dos sans savoir quoi dire. Jérémy avait vécu deux ans comme ça et il n’y avait pas plus d’espoirs maintenant.
- Ne dit pas n’importe quoi ! finit-il par dire en dernier recours.
- Qu’est-ce que ça changerait ? Tout en fait ! Plus de souffrance rien que le vide. Le pire ‘No, c’est que lui aussi je lui manque ! Tu trouves pas ça drôle toi ? Tiens ça ferait un bon titre de journaux « Deux hommes se suicident à cause de la douleur volontaire qu’ils s’infligeaient » c’est pas stupide ?
- Vu comme ça… très.
- Merci.
Sur ce, ils ne dirent plus rien, Jérémy avait transformé sa tristesse en colère et Arnaud n’y retrouvait rien à y redire. Jérémy se rendormit à nouveau tandis qu’Arnaud recevait un message d’Evelyne, « Tu dors ? ». En guise de réponse, il l’appela.
- Chéri ! répondit-elle ravie.
- J’te manque on dirait… ? chuchota t’il.
- Pas qu’un peu… pourquoi tu parles si doucement ?
- Jerry dort.
- Et… tu es avec lui ?
- Hum oui j’allais pas me pêter le dos sur son fauteuil défoncé. Et puis je suis venu pour lui tenir compagnie la nuit donc autant être dans son lit sinon je peux rentrer !
- …
- Evy ? Qu’est-ce qu’il y’a ?
- Tu ne fais pas plus que ce qu’un ami doit faire dans ces moments là hein ?
- Evy ! s’exclama t’il choqué tout en repensant à l’attitude de Jerry.
- Mouais, bredouilla t’elle honteuse, je n’y croyait pas un seul instant, c’était juste… euh j’en sais rien… oublie…
- Je t’aime Evelyne.
- Parfait, dit-elle en riant, moi aussi, dors bien.
- Bisous chérie…
Ils raccrochèrent et Arnaud repartit dans ses réflexions à plein régime. Il réfléchissait à ce qu’elle avait dit, de toute évidence ça la tracassait. Il avait déjà de la chance, elle n’avait jamais rien dit sur le fait qu’ils s’embrassent tout deux sur la bouche, même si pour eux c’était pareil que sur la joue, il aurait compris qu’elle le lui reproche. Pourtant, il resterait dormir chez son meilleur ami autant de temps que celui-ci aurait besoin de lui. Malgré Evy, il ne pouvait pas mettre de la distance entre eux. Et surtout pas après ce qu’il s’était passé, Jérémy l’interpréterait mal. D’ailleurs il ne lui en voulait absolument pas, depuis qu’il avait revu Frédéric, il n’avait plus ramené personne alors il était certainement en manque. Arnaud ne dormit presque pas cette nuit, s’inquiétant trop de l’avenir peu avenant de son meilleur ami.
Le lendemain, samedi, Jérémy devait se lever tandis que son ami restait au lit.
- Arnaud ? dit-il en sortant du lit.
- Mhm ?
- Tu euh… ça ne change rien c’que je… enfin hier soir…
- Bien sûr que non ! s’exclama Arnaud en se redressant dans le lit.
- Bon je suis rassuré alors.
Il partit prendre sa douche puis revint vers lui.
- Est-ce que tu veux bien revenir ce soir ? demanda t’il sans le regarder.
- Berthe ! Fais pas l’con ! On a dit qu’ça changerait rien alors joue pas au mal-à-l’aise. Je resterai dormir jusqu’à c’que tu m’jettes dehors !
Jérémy eut un sourire triste et s’approcha d’Arnaud pour le prendre dans ses bras.
- Ca risque d’être jusqu’à mon dernier jour…
- Alors je serai là toute ta vie.
- Je t’aime ‘No.
- Moi aussi poulette.
Jérémy défit leur étreinte et alla s’habiller.
- J’y vais on s’voit ce soir !
- Ouaip !
- Oublie pas de fermer à clé quand tu pars ! cria t’il en partant.
- C’est ça, grommela Arnaud en se recouchant dans les draps. Heureusement que c’était samedi avec ce qu’il avait dormi.
Il se rappela soudainement que hier soir le patron du Junky box était venu leur transmettre la programmation de la semaine, et ce soir c’était les Sugar Dolls. Il avait même dit qu’il voulait qu’ils deviennent réguliers. Jérémy, qui n’était pas encore arrivé à ce moment là, n’allait certainement pas apprécier la surprise. Lui-même n’avait pas eut le courage de lui en parler.
Ils se retrouvèrent au magasin de Jérémy qui venait de le fermer. Et avant qu’ils n’y arrivent, Arnaud aborda le sujet fatidique.
- Euh Jerry, tu sais t’as pas envie de revoir ce chanteur ?
- Le chanteur ? Pi quoi encore c’est pas lui qui va m’rendre mon équilibre… Pourquoi cette question ?
- Pourquoi cette question ? Ahem euh ben comme ça tu vois, renonça Arnaud.
- Ouais je pense, j’te connais plus que ça ! Tu me caches quelque chose !
- Ben… on va faire comme si j’avais réussi d’accord ?
- Arnaud !
Celui-ci le regarda d’un air coupable.
- Cacher quoi ? insista t’il.
- Pas… grand-chose à vrai dire…
- Quoi ?
- Les-Sugar-Dolls-reviennent-ce-soir, sortit-il d’une traite.
Jérémy le regarda abasourdi de cette nouvelle et ne réagi pas jusqu’à ce qu’ils soient arrivé.
- Depuis quand tu l’sais ? demanda t’il après s’être installé derrière le bar.
- Hier soir mais tu m’excuses je n’avais pas envie d’en rajouter une couche, tu étais assez mal comme ça au cas où tu l’aurai oublié.
- Comment veux-tu que j’l’oublie ? C’est toujours le cas !
- Bon écoute c’est pas si grave, c’est qu’un mec insipide et très con par-dessus le marché !
- C’est sûr et en plus il a encore plus de charme que Fred, non c’est évident, ce charme n’opère pas sur moi.
- T’as qu’à éviter de le regarder et puis n’empêche ce mec là, t’as pas de sentiments pour lui, c’est pas si grave.
- T’as sans doute raison… mais tu sais quoi ?
- Ouais ?
- Faut qu’je change de bord !
Arnaud éclata de rire et le regarda incrédule en voyant qu’il gardait son sérieux.
- Tu disais ça juste… comme ça hein ?
L’intéressé haussa les sourcils en un signe de découragement et acquiesça.
- C’est impossible.
J’vais m’répeter mais je crois que j’ai un hic ces temps, je fais rien s’passer dans mes chapitres.
L’appartement sera pour la prochaine suite mais j’peux pas vous dire pour quand.
Brindille : j’ai trouvé ça très mignon pour l’Ovo, pour la peine ton Raphaël en partagera un avec lui ;p mais cela dans un futur pas très proche xD