L'appartement - Chapitre 2
Le lendemain, quand Marc se leva à 8 heures, les deux autres étaient encore au lit. Il partit donc seul sans revoir la personne qui malgré lui occupait ses pensées. Et eu un léger pincement au cœur quand il se dit qu’ils allaient sûrement profiter d’être seuls pour reprendre les choses là où lui-même les avait interrompus.
Arrivé à son lieu de travail, il sentit vibrer son portable dans sa poche. Il lut le sms sans enthousiasme.
« Alors bébé, silence radio ? Tu m’boudes ? Tu m’manques… Je t’aime. »
Il le remit dans sa poche sans émotions, qu’est-ce qu’elle pouvait être cruche quand elle s’y mettait. Depuis l’temps, elle savait très bien que ses horaires étaient irréguliers et de plus il lui semblait l’avoir prévenue qu’il serait retenu longtemps. Irrité par son manque de raisonnement, il remis le moment de lui donner de ses nouvelles à la fin de sa journée. Si fin de journée il y’avait…
Le temps passa sans plus qu'il pense ni à sa copine ni au bel inconnu de hier soir, dont il ignorait encore le prénom. Il eut de la chance, son patron l’avait laissé partir à 15h30, cela le remis d’aplomb. Il y’avait longtemps qu’il n’avait plus fini avant que le soleil ne se couche. Il décida alors d’appeler Alexandra, la fille avec qui il était depuis maintenant un an et demi. Elle faisait des études de médecine et finissait généralement à 15heures.
Voilà une chose qui l’avait toujours contrarié : mademoiselle faisait médecine alors que lui n’étais qu’un simple infirmier. Il se sentait inférieur à elle. Mais ce n’étais pas le moment de penser négativement, il l’appela donc pour qu’ils puissent se voir si possible.
- Maarc ! Bonjour mon cœur ! Tu m’as manqué…
- Salut chérie, répondit Marc avec affection, à vrai dire elle lui avait manqué à lui aussi.
- Tu t’es enfin décidé à rompre le silence ? J’avais fait quelque chose de mal ? Marc soupira.
- Mais non voyons. Je t’avais pas prévenue que mon patron me retiendrait longtemps ces temps si ?! Eh bien ça n’a pas manqué, j’ai du travailler au moins 24 heures sans rentrer.
- Oh mon pauvre amour… Besoin d’une récompense ? murmura t’elle d’une voix sensuelle.
- Ca se pourrait, répondit Marc sur le même ton.
- Donc là tu as fini de bosser ? reprit-elle avec empressement.
- Exact, on s’retrouve chez toi ?
- Euh tu sais, j’ai pas fait le ménage dernièrement… chez toi ?
- Le ménage, râla t’il. Comme tu voudras, quelle heure ?
- En fait tu pourrais venir me chercher ? J’suis encore au campus.
- Ca marche princesse, j’suis là dans un quart d’heure.
- Okay il me tarde !
- A tout de suite.
Il raccrocha et gagna rapidement sa voiture l’esprit léger.
Il espérait qu’elle le verrait arriver car il n’avait aucune envie d’aller la chercher auprès de ses copines, ce qu’elles pouvaient être gonflantes et Alex devenait si stupide en leur compagnie.
Il arriva devant les grilles et heureusement elle l’attendait là devant, seule.
Elle courut jusqu’à la voiture, faisant claquer ses talons sur le trottoir, bruit que Marc détestait.
Elle portait une jupe en jeans plutôt mini-mini ce qui ne lui déplut pas mais le fait que d’autres que lui puissent admirer ses magnifiques jambes, si.
Elle contourna la voiture pour ouvrir la portière du côté de Marc. Elle entra alors et s’assit sur lui en l’embrassant, baiser auquel Marc répondit avec passion.
- Ca… m’avait… manqué, dit-elle entre deux baisers.
Marc l’embrassa de plus belle, à lui aussi.
Il mit une main derrière sa nuque pour approfondir leur baiser et fit glisser l’autre sous sa jupe, caressant ses fesses. Ce qui eut pour effet de tirer un gémissement à Alexandra.
- Ma… Marc… arrête. On serait mieux dans ton lit non ?
- Oui allons-y, dit-il en la renversant sur le siège d’à côté et en lui faisant un bisou sur le front.
Ils ne parlèrent pas durant le trajet. Marc avait simplement lâché le volant d’une main pour prendre celle d’Alex. Ils avaient tout les deux un sourire niais sur la figure. Quand ils arrivèrent, ils sortirent avec ferveur de la voiture puis Marc la souleva dans ses bras. Elle entoura sa taille de ses jambes et il la porta jusqu’au 3ème étage. Il n’y avait pas d’ascenseur mais malgré la frêle allure de Marc, il ne manquait pas de force. Elle profita de ce court trajet pour lui faire des bisous dans le cou. Il ouvrit la porte sans avoir a cherché ses clés, Thomas n’avait pas fermé. Mais il ne s’attendait pas à retrouver Thomas avec la même conquête que la nuit passée. Il reposa Alex parterre, gêné. Et attendit que l’un deux parle. C’est Thomas qui les salua le premier.
- Yo ptite Alex ! Alors des envies vous tenaillent ?
- Thomas, soupira t’elle. A vrai dire elle ne l’avait jamais aimé mais ni lui ni Marc ne s’en était rendu compte car elle faisait son possible pour ne pas le montrer. C’était le meilleur ami de Marc et si elle ne voulait pas le perdre elle devrait faire avec.
- Ca fait quatre jours qu’on s’est plus vu, normal non ? fit-elle avec une moue boudeuse.
- Naturellement poupée, je sais pas comment vous avez fait d’ailleurs. Marc ne savait pas où se mettre sentant en plus le regard de l’inconnu pesé sur lui.
- Marc, dit Thomas
- Thom, répondit l’intéressé.
- Je crois que as déjà eu l’occasion de voir mon invité.
- En effet.
- Eh bien Marc je te présente Romain, Romain - Marc.
- Enchanté, dirent-ils d’une même voix ce qui leur arracha à tous les deux un sourire complice.
- On va dans la chambre, s’impatienta Alexandra, qui n’avait pas du tout aimé la connexion qui était passée entre ce Romain et son chéri. En fait elle ne l’avait bien sûr jamais avoué à Marc mais elle était homophobe. De là venait son antipathie pour Thomas. Elle avait toujours eu un doute qui planait dans son esprit. Et s'il tentait quelque chose avec son meilleur ami ?
- Mhm oui, marmonna Marc. Tout désir pour elle l’ayant quitté. Ils allèrent donc dans sa chambre et se posèrent sur le lit. Aussitôt Alex se coucha sur lui pour frotter son bassin contre celui de Marc, histoire de l’exciter. Mais Marc la repoussa gentiment sur le lit en lui embrassant les mains,
- J’suis pas très en forme là. J’sais bien qu’on s’est plus vu depuis quelques jours mais vraiment je sature, fa-ti-gué, dit-il en essayant de se faire chou. Elle ne répondit rien et lui tourna le dos.
- Ecoute Alex comprends-moi.
- Te comprendre ? cria t’elle presque. Quoi au juste ? Que tu m’appeles pour me faire espérer passer une bonne soirée en ta compagnie. Au lieu de quoi je me prend un vent parce que tu as trouvé plus attirant dans le salon ?!
- Mais enfin… tenta-il.
- Enfin rien, le coupa t’elle. J’ai bien vu comme Thomas vous regardait tout les deux avec un sourire pervers. Il s’est passé quoi avec ce mec ? Un truc à trois ?
- Alex arrête ça tout de suite, tu fais de la parano. Il ne s’est rien passé bien sûr, fit-il en fronçant les sourcils sous ces accusations.
Puis il ressentit une once de culpabilité en pensant que s’il avait du se passer quelque chose hier soir, il ne l’aurait sûrement pas repoussé lui. Mais ce sentiment fut bien vite remplacé par un profond dégoût envers Alex qui pesta un « Quelle bande de pd ». Il l’attrapa par le poignet et lui demande de répeter. Elle ouvrit les yeux effrayée se rendant compte de la conséquence que pouvait avoir ses paroles.
- Euh… je… je n’voulais.
- Tu voulais pas mais c’est dit, tes pensées sont maintenant dévoilées, dit-il avec répulsion.
Elle se leva rageusement et cria sans se retourner « T’en es un aussi, voilà la vérité » et claqua la porte de la chambre pour ensuite se diriger vers celle de l’appartement. Elle jeta en passant un regard remplis de haine et d’écoeurement pour les deux hommes assis dans le canapé. Puis un deuxième claquement se fit entendre suivit d’un silence.
Thom et Romain se regardèrent avec étonnement, ils avaient entendu la dernière phrase qu’elle avait prononcée et n’étais pas sûr de saisir pourquoi elle avait dit ça.
Quant à Marc, il enfouit la tête dans les coussins en maudissant les femmes, les hommes et lui-même.